banque islamiqueElles proposent des produits financiers qui respectent certaines règles religieuses islamiques. Le Coran interdit par exemple de prêter de l’argent contre intérêts et plus généralement de produire des bénéfices dans le cadre de dons, prêts ou échanges de biens immatériels comme l’argent.

La finance islamique intéresse de plus en plus les anti-capitalistes et surtout les particuliers qui subissent la crise, car le modèle islamique peut se comparer à une sorte de capitalisme financiarisé, mais contrôlé. La spéculation financière est tout bonnement impossible. Mais est-ce pour autant une alternative aux systèmes économiques et financiers occidentaux ?

Les fondamentaux de la finance islamique

C’est un système financier que l’on peut qualifier d’éthique dans la mesure où il prône l’équité et la justice sociale entre les partis impliqués dans une opération financière.

Autrement dit, le système est à l’opposé du libéralisme, qui lui fonctionne sur un principe dominant dominé. Dans le modèle islamique, il faut que les bénéfices d’une opération soient répartis de manière équitable et que les parties prenantes fassent affaire sur un pied d’égalité.

Les banques islamiques sont donc astreintes d’une certaine façon, à une démarche RSE, mais leurs obligations sont purement religieuses et uniquement dictées par le Coran.

Ce sont des “sages” (les sharia board) qui contrôlent la bulle financière islamique. Ces personnes jugent du bien-fondé des opérations financières, en autorisent certaines si elles respectent le Coran, mais les sharia board peuvent aussi invalider une opération s’ils la jugent non conforme aux règles de l’islam.

Les produits financiers des banques Islamiques

On distingue cinq grands instruments financiers que sont la mourabaha, l’ijara, le salam, la moudharaba, et la moucharaka.

Toutefois, les produits les plus connus qui sont aussi les plus représentatifs de la finance islamique sont la Murabaha et la Moudharaba.

  • La Moudharaba:

C’est un contrat qui détermine comment se repartiront les bénéfices d’un projet d’investissement entre une personne qui n’apporte pas de fonds, mais les connaissances indispensables pour réaliser le projet et une autre personne qui elle, n’apporte que des fonds et rien d’autre.

La répartition des bénéfices se fait par un système de quote-part qui repose davantage sur l’importance de chaque individu dans le projet et selon son niveau d’implication.

Autrement dit, celui qui apporte les fonds n’est pas nécessairement celui qui récolte tous les fruits du projet, contrairement à ce qui se fait habituellement par chez nous.

  • La Murabaha:

C’est un contrat d’achat/vente qui s’établit dans une totale transparence entre les partis. Le vendeur exprime le bénéfice financier qu’il espère obtenir, tandis que l’acheteur exprime ouvertement quel est son budget maximum, minimum et à quel prix il souhaiterait pouvoir acheter le bien en question.

Les négociations se font donc sur la marge bénéficiaire du vendeur. L’un connaissant les attentes de l’autre et vis versa, chacun s’évertue à trouver le compromis qui pourrait les satisfaire tous les deux.

Ce qui évacue naturellement les abus de positions dominantes. Chaque partie devant respecter le Coran est de toute façon astreinte à ne pas rechercher à faire un profit non justifié, c’est-à-dire à gagner de l’argent ou à en économiser sur des critères de valeurs autres que ceux d’un marché.

Par exemple, l’acheteur ne peut pas faire baisser un prix sous prétexte que le vendeur n’a pas d’autres clients. À l’inverse, le vendeur ne peut pas augmenter un prix pour profiter d’une situation d’urgence qui pousserait l’acquéreur à acheter quel que soit le montant.

Religion et finance : un mixe gagnant ?

 La finance islamique a le mérite de ne pas reposer sur des activités spéculatives. Ce qui garantit la sécurité du système bancaire. Dans un modèle islamique, il ne peut y avoir de crise financière comme celle que nous connaissons aujourd’hui, car les coups de poker des courtiers fous sont impossibles.

La dimension sociale et équitable de la finance islamique fait d’elle un système pérenne et sécurisant, mais n’oublions pas que ce système est régi et contrôlé par la religion. C’est le Coran qui détermine si telle ou telle opération est justifiée ou non.

 Or, s’il n’y a pas de règles indépendantes de la religion, il y a forcément un risque de conflit d’intérêts, voire même de corruption dans les sphères décisionnelles. En effet, même si la bonne application du Coran sur le plan financier peut se traduire par un système bancaire vertueux, ce sont bien des individus qui décident de ce qui doit être fait ou non. Leur interprétation du Coran ainsi que leur jugement personnel entre en jeux. Ce qui n’est pas très démocratique comme concept.

Conclusion :

La finance islamique pourrait être une excellente alternative au système financier capitaliste néo-libéral que nous connaissons tous. Mais sachant qu’une religion est souvent appliquée selon l’interprétation de chaque individu, un système de régulation s’impose pour éviter les dérives et pour garantir la neutralité des décisionnaires financiers.

Sans régulation, les sharia board et les courtiers fous furieux peuvent facilement se retrouver dans le même sac.